Lorenzo Soulès - photo © Jean-Claude Capt

PRESS

Telerama n°3347 - 03/2014

Lorenzo Soulès, le raffinement et la précision d’une montre suisse.

telerama_logoA 22 ans, le pianiste lyonnais Lorenzo Soulès peut se flatter d’un palmarès enviable. Parti étudier à Cologne auprès d’un autre Lyonnais prodige, Pierre-Laurent Aimard, reçu à Barcelone chez la regrettée Alicia de Larrocha, dans les derniers mois de sa vie, pour y travailler Iberia, d’Albéniz, Lorenzo Soulès a décroché il y a deux ans le Premier Prix du prestigieux concours de Genève. Ce prix s’accompagne de l’édition d’un enregistrement, que sponsorise l’horloger suisse de luxe Breguet. Ce n’est pas seulement son émule en mécanique de haute précision que récompense le fabricant de montres ; bien au-delà de la perfection technique, le jeu pianistique de Lorenzo Soulès dégage une noblesse d’émotions et une plénitude de phrasés, une sensibilité aux climats crépusculaires de l’âme, une maîtrise des élans démoniaques réfrénés, que le programme de son récital met particulièrement en valeur. Du Concerto en ut mineur de Mozart, K. 491, à la Sonate n o 9 « Messe noire » de Scriabine, les tonalités sombres dominent, et pourtant chatoient. Lorenzo Soulès était en concert à Paris le 20 février, il y revient le 12 mars (1) , avec les deux livres d’Images de Debussy, que sa palette sonore devrait iriser de reflets aussi raffinés que fantasmagoriques. — G.M.

On aime passionnément

Go to the article

La lettre du musicien - 02/2014

Le pianiste Lorenzo Soulès à la rencontre du quatuor Hermès à Paris

Le dernier concert en date de la saison parisienne des Pianissimes, qui s’est tenu dans la salle du Conservatoire d’art dramatique (Paris 9e), avait pour mérite de réunir pour la première fois le jeune pianiste Lorenzo Soulès – lauréat du Concours de Genève en décembre 2012 – et le quatuor Hermès pour une soirée chambriste de très haute tenue.

Lorenzo SOulès & Quatuor HermesOn le connaît à peine – il vient de publier un premier enregistrement (Nascor, 2013) plus que prometteur du Concerto n°24 de Mozart, mais Lorenzo Soulès est au piano ce qu’Edgar Moreau est au violoncelle : un jeune timide qui s’impose impérialement et avec une maturité époustouflante, dès lors qu’il pose les mains sur le clavier. C’est ainsi qu’il a ouvert le récital, avec la Partita n° 5 en sol majeur de Bach. D’abord inquiet par l’aspect motorique de son interprétation, il n’a pas fallu cinq mesures pour comprendre que chaque note y était pensée, dans un extrême contrôle du son (subtilité de l’alternance des notes piquées et semi-piquées du Tempo di minuetto). D’aucuns pourraient lui reprocher un surcroît d’intentions, un manque de naturel : on aurait tort, car on retrouvait dans son Bach les mêmes qualités décelées dans son enregistrement Mozart : un sens aigu de l’indépendance des voix, une clarté du discours, une main gauche inébranlable, toutes les marques qui font de Lorenzo Soulès un pianiste qui joue aussi avec sa tête !
Le Quatuor n°15 en ré mineur de Mozart nous aura tout autant séduits sous les archets des Hermès, dans une interprétation tout en finesse, sans prétention, très élégante, le premier violon s’abstenant de jouer les concertistes des grands soirs, ce qui confère à ce jeune quatuor un très bel équilibre des voix. La preuve qu’on peut ne pas confondre expressivité et expressionisme !
Quant au Quintette pour piano et cordes op. 44 de Schumann, si l’on s’est amusé de voir avec quelle suprématie impérieuse Lorenzo Soulès reprenait le dessus sur le quatuor quand la partition le lui permettait – notamment dans les gammes exaltantes du scherzo – les Hermès et lui parlaient la même transparence, prenant le temps de comprendre ce qu’ils jouaient.
Pas d’excès dramatiques, du sang neuf et vivement pulsé : Lorenzo Soulès est à ranger dans la lignée des Cédric Pescia ou des Benjamin Grosvenor. Il fait partie des timides impérieux qui n’ont pas d’âge et dont il est impératif de retenir le nom. (20 février)
Clément Rochefort

Concert Classique .com - 02/2014

Le Quatuor Hermès et Lorenzo Soulès au Conservatoire d’Art dramatique

Premiers Prix du Concours International de Genève, en 2011 et 2012 respectivement, le Quatuor Hermès et Lorenzo Soulès n’avaient jamais encore eu l’occasion de se produire ensemble. C’est fait depuis peu, à l’initiative de la série Les Pianissimes qui a réuni la formation et le pianiste français au Conservatoire d’Art Dramatique.

Piano solo, quatuor à cordes et quintette avec piano sont au programme d’une soirée qui commence par la 5ème  Partita en sol majeur de Bach. Physique encore très adolescent, Lorenzo Soulès, pas encore 22 ans, peut paraître un peu timide lors de son entrée en scène. Oublions les apparences pour goûter une interprétation impeccablement construite, simple, pétillante d’intelligence et d’une qualité expressive en parfait accord avec l’esprit de chacune des danses. Une impression sur le vif qui confirme celle que l’on avait préalablement retirée de l’audition d’un beau CD récemment paru (1).

Place ensuite au Quatuor KV 421 de Mozart sous les archets du Quatuor Hermès. Le deuxième ouvrage de la série dédiée à Haydn confirme que la jeune formation fondée il y a une demi-douzaine d’années a définitivement trouvé sa place parmi les tout grands quatuors de la jeune génération. L’ample respiration, le lyrisme doux-amer de l’Allegro initial montrent les interprètes d’emblée au cœur même de leur sujet. Premier violon au sens plein du terme, Omer Bouchez rayonne sans écraser ses trois collègues, ni nuire à la cohérence d’une approche qui sonde la psyché mozartienne avec un tact rare. Bluffant de maturité !

Difficile de croire que Lorenzo Soulès et le Quatuor Hermès jouent pour la première fois en public et n’ont travaillé que pendant les trois jours précédant le concert tant l’entente et l’équilibre singularisent leur Quintette op. 44 de Schumann. Le jeune pianiste manifeste un sacré tempérament de chambriste ; il assume pleinement le rôle structurant de sa partie, se montre continûment à l’écoute de ses partenaires et tire des couleurs superbes de son Steingräber. Les mouvements vifs resplendissent d’une vitalité et d’une sève parfaitement dosées, tandis que In modo d’una marcia trouve le tempo juste ; suffisamment allant pour éviter l’emphase, point trop pour ne pas altérer son impact expressif. Chapeau jeunes gens ! A quand la prochaine ?

Alain Cochard

Go to the article

PIANISTE n°83 - 11/2013

«Je n’ai fait aucun compromis»

Read the article

ResMusica - 11/2012

logo_resmusica1Le public ne s’y était pas trompé. Pour cette 67e édition du célèbre concours, consacrée cette année au piano, il a vu juste en réservant une ovation plus que chaleureuse à Lorenzo Soulès, élève de Pierre-Laurent Aimard à Cologne, né en 1992, et grand vainqueur de la manifestation.

Reconnaissance méritée, car ce jeune joue déjà comme un grand. Et il faut l’être, à l’instar des deux autres candidats parvenus jusqu’à la finale, pour surmonter les deux semaines intenses d’épreuves visant à départager les 32 candidats venus du monde entier !

Lors de la première finale, les trois candidats restants étaient conviés à accompagner Tedi Papavrami, violoniste au charisme puissant, bien à son aise dans les sonates de Beethoven choisies par les prétendants. Aya Matsushita (3ème prix) et Mikhael Sporov (2ème prix) n’ont évidemment pas démérité. La japonaise, âgée de 28 ans, a choisi de présenter la Sonate n. 7. Enoncée avec une technique irréprochable et des phrasés fluides, romantiques à souhait, la pièce met en évidence sa palette de couleurs contrastées, mais dévoile aussi un certain manque de vigueur. Là où d’autres exaltent la verve puissante de l’œuvre, la pianiste choisit au contraire d’en souligner les finesses, avec un toucher sage, parfois un peu brumeux. Toute autre est la poigne du russe, lui aussi âgé de 28 ans. Dans la Sonate n.1, il déploie un geste plus dramatique, plus sanguin, avec néanmoins de belles nuances. Les reliefs de la partition se lisent sur son visage avant de s’entendre, sont accentués par un jeu volontaire parfois un peu présent, mais à la virtuosité sans faille.

Puis, arrive Lorenzo Soulès, très fin, très jeune. Visiblement un peu surpris d’être là, habité par une gêne étonnée qui dévoile un âge pourtant très vite oublié lorsqu’il se met au clavier ! Dans la Sonate n. 4, il impressionne avant tout par son écoute, Son corps ne bouge que très peu, sinon la tête, qui tourne parfois son air enfantin vers son partenaire pour mieux le suivre dans les méandres de cette œuvre. Les regards constants portés vers le violoniste semblent ici gages d’une grande connivence musicale, d’une attention bienvenue. Et son jeu n’est pas en reste. Certes peu déroutant, plutôt intérieur, il dévoile néanmoins de grandes qualités musicales, dans un jeu ample dont les phrasés larges semblent toujours maîtrisés. Une maîtrise des climats, sans démonstrativité mal placée, qui a su remporter l’adhésion tant des jurés que du public. Acclamation réitérée deux jours plus tard, lors de la grande finale, où le jeune pianiste a proposé une lecture au long souffle du deuxième concerto de Brahms, accompagné par l’Orchestre de la Suisse Romande dirigé par John Axelrod. Remportant le Premier Prix et le Prix du public, parmi d’autres, sa reconnaissance a été sans ombrages, à l’image de l’avenir musical qu’est en droit d’attendre Lorenzo Soulès, si il parvient à se faire la place qu’il mérite parmi les nombreux pianistes de la jeune génération.

Read the article

X